Le dilemme du Baclofène

Le dilemme du Baclofène



 Depuis quelques temps, on peut lire des « attaques » contre Vie Libre car nous restons silencieux à propos du Baclofène. Certains sites ne se privent pas de nous citer comme des gens obtus. Nous nous devions de répondre et de donner une explication.

 

Qu'est-ce-que le Baclofène?

 

Le baclofène, à l'origine commercialisé sous le nom de liorésal, est un myorelaxant qui exerce une action décontractante sur les muscles.

Médicament utilisé, en général sur de courtes périodes dans le traitement d'appoint des contractures musculaires douloureuses, par exemple après une blessure. En détendant le muscle, il contribue à lutter contre la douleur. il est utilisé dans le traitement des contractures douloureuses qui accompagnent la sclérose en plaques et certaines paralysies.

La société Français d'alcoologie reste critique sur une utilisation systématique du baclofène à doses importantes sans essais complémentaires.

Pour cette raison le médecinprescripteur de baclofène ou de benzodiazépines pour une durée de plus de quelques semaines consécutives dans cette indication engage sa responsabilité.

Certains médecins ont pris cependant la décision d'engager leur responsabilité et de prescrire du Baclofène à des malades sévères.

 

Ce qu'en dit l'AFSAAPS

 

L’utilisation hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) du Baclofène (Lioresal® et génériques) dans le traitement de l’alcoolo-dépendance conduit l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) à porter à la connaissance du public les données disponibles relatives à cet usage. En effet, le bénéfice du Baclofène dans l’alcoolo-dépendance n’est pas démontré à ce jour et les données de sécurité d’emploi dans cette indication, où les doses utilisées sont le plus souvent supérieures à celles évaluées et autorisées, sont limitées. Aussi, dans l’attente des résultats d’une étude clinique dont elle soutient la mise en place, un suivi national renforcé de pharmacovigilance a été instauré et l’Afssaps met en garde contre une utilisation du Baclofène chez les patients alcoolo-dépendants.

 

La position de Vie Libre

 

D’une part il s’agit d’une solution hors AMM, avec les risques que cela peut comporter. Nous ne pouvons conseiller aux malades de demander à leur praticien la prise d’un médicament dans ces conditions. Nous ne sommes pas des médecins.
Le rôle de Vie Libre n’est pas faire de la publicité pour un traitement, même s’il reçoit son AMM. Les structures de Vie Libre se doivent de rester neutre, et de ne pas se substituer aux professionnels de santé. De la même façon, Vie Libre ne se permet pas de juger si tel système de soins est plus efficace qu’un autre. L’expérience nous a démontrée que ce qui est efficace pour certains ne l’est pas toujours pour d’autres.

 

Actuellement, on parle du Médiator. L’autorisation de mise sur le marché réservait le Médiator aux seuls patients diabétiques. Mais ce produit a été utilisé par des personnes non diabétiques  comme ‘coupe-faim’. On connait le résultat.

 

D’autre part il s’agit d’un traitement uniquement médicamenteux, d’une solution miracle. Pourtant, les problèmes d’alcoolisme sont souvent multi-causes et effets.

 

La prescription d’un traitement médicamenteux, tout spécialement dans les conduites addictives, doit toujours s’inscrire dans une prise en charge globale et qu’un traitement médicamenteux ne peut être la seule intervention addictologique

 

A la lecture de forums pro-Baclofène on pourrait penser que ce serait l’unique solution pour sortir de l’alcool. Pourtant, depuis bientôt 60 ans, Vie Libre a accompagné des dizaines de milliers de malades qui ont guéri, sans traitement médicamenteux. Nous ne sommes pas des médecins, et n’avons donc pas à juger si tel traitement est LE TRAITEMENT.

 

Vie Libre est méfiant devant ce que certains décrivent comme le médicament miracle, susceptible de remplacer toutes les thérapies et thérapeutiques et pouvant donner de faux espoirs à des patients et proches de patients prêts à tout pour sortir de cette spirale.